Une quarantaine de tables, plus de 500 machines à sous, 193 postes de jeux de table électroniques, un théâtre et deux restaurants : le Casino Barrière Enghien-les-Bains cultive une idée du divertissement qui dépasse largement les tapis de jeu. Dans l’année de ses 125 ans, l’établissement poursuit ses investissements et fait évoluer son accueil, tout en préservant son identité de grand casino traditionnel. Rencontre avec son directeur général, Bruno Chauvin, dans un paysage francilien du jeu devenu plus concurrentiel.
Enghien est plus proche qu’on ne l’imagine. Depuis la gare du Nord, une quinzaine de minutes de train suffisent pour rejoindre la ville, avant de gagner le casino à pied. Une proximité parfois éclipsée par son image de destination de week-end, avec son lac, ses thermes et son architecture de villégiature.
Ce cadre explique une partie de sa singularité. Ici, on peut venir pour une table de roulette, dîner, assister à un spectacle ou organiser une soirée mêlant plusieurs de ces envies. Le casino appartient à la vie de la ville autant qu’à celle des joueurs qui le fréquentent.
Lors de notre visite, Bruno Chauvin revient sur ce qui fait la force de l’adresse : l’étendue des jeux, l’expérience des équipes et la possibilité de proposer, sous un même toit, des ambiances et des services adaptés à des publics très différents. À 125 ans, la maison continue d’évoluer.
Un anniversaire qui raconte aussi une histoire de transformations
« Fêter les 125 ans d’une institution reconnue par les joueurs du monde entier comme le casino d’Enghien-les-Bains est un moment unique, une grande fierté pour moi comme pour toutes les équipes du casino », souligne Bruno Chauvin.

L’histoire commence en 1901, avec un premier bâtiment en forme de voilier avançant sur le lac. Reconstruit en 1909, l’établissement se dote alors d’un théâtre. Le groupe Barrière en prend les commandes en 1988 ; les machines à sous arrivent en 2002. La rénovation de 2005, avec sa façade de verre et une entrée décorée par Jacques Garcia, participe à façonner le visage actuel du casino.
Cette succession de transformations se poursuit aujourd’hui, à travers la restauration, les espaces de jeu et les services. L’anniversaire de septembre en a donné un aperçu.
« On a fait une semaine anniversaire », rappelle le directeur au cours de notre échange. Du 21 au 27 septembre, animations et rendez-vous festifs ont rythmé la vie de l’établissement, avec un temps fort le 26. L’histoire se raconte également dans la ville : une exposition d’archives, répartie entre la mairie et le jardin des Roses, reste visible jusqu’au 31 octobre.
Des grandes tables aux jeux électroniques, une offre particulièrement large
La salle des jeux, la plus grande de France, demeure le cœur de l’établissement. Enghien rassemble une quarantaine de tables et propose les grands classiques du casino : roulette anglaise, roulette française, blackjack, punto banco et Ultimate Poker, auxquels s’ajoutent le craps et la Roue de la Chance.

L’offre se prolonge avec 193 postes de jeux de table électroniques, notamment de roulette anglaise et de blackjack. La variété porte donc à la fois sur les jeux et sur la manière de les pratiquer : autour d’une table avec croupiers ou depuis un terminal électronique.
Le casino met en avant 21 roulettes, avec des mises à partir de 5 € sur les tables traditionnelles et de 1 € sur les versions électroniques. Plusieurs niveaux d’enjeux permettent ainsi de faire cohabiter différentes habitudes de jeu.
Bruno Chauvin insiste sur la place de la roulette française, proposée en semaine, et sur l’atmosphère de casino traditionnel qu’il entend entretenir. « C’est une de nos réponses par rapport à nos concurrents », explique-t-il. Derrière la formule, il y a une conception du service : le déroulement de la partie, la relation avec les croupiers et le cadre comptent autant que la simple présence d’un jeu.

Le Salon des Princes complète cette organisation. Destiné aux joueurs recherchant des enjeux plus élevés et un environnement plus confidentiel, il apporte une autre ambiance au sein du casino. La maison peut ainsi accueillir des visiteurs occasionnels, des habitués et des joueurs de fortes mises dans des espaces différenciés.
Le craps, une nouveauté qui mobilise tout un savoir-faire
L’arrivée du craps au printemps illustre cette volonté d’élargir l’offre. Ouverte au public le 3 avril et présentée officiellement le 23 avril, la table a introduit à Enghien ce jeu de dés emblématique des casinos américains.

Autour du joueur chargé de lancer les dés, la partie prend une dimension collective, avec plusieurs possibilités de paris et un rythme très différent de celui des jeux de cartes. Pour l’établissement, son installation a aussi représenté un travail conséquent en coulisses.
« Nous avons souhaité que nos équipes soient pleinement opérationnelles pour accompagner les joueurs », expliquait Bruno Chauvin lors du lancement, dans notre article consacré à cette nouveauté. Plus de 50 collaborateurs avaient alors été formés, parmi lesquels des croupiers, des membres de l’encadrement et des opérateurs vidéo.
Dans son reportage consacré au craps à Enghien, Les Enjeux détaillait cette préparation, mais aussi les autres expérimentations du casino, notamment l’Hyper Blackjack et une variante du punto banco avec bonus sur l’égalité.
Le renouvellement de l’offre repose donc aussi sur la formation. Durant notre entretien, Bruno Chauvin souligne l’expérience et la stabilité des équipes, ainsi que l’attention portée à la surveillance et à la sécurité. Avec quelque 450 collaborateurs, Enghien dispose d’une organisation à la mesure de la diversité de ses activités.
Plus de 500 machines à sous et de nouveaux espaces pour les joueurs
Les machines à sous constituent l’autre grand ensemble de l’offre. Le parc compte plus de 500 machines, avec des modèles classiques et des univers vidéo plus récents, auxquels s’ajoute le vidéo poker.
En septembre, la salle s’est agrandie de 185 m². Le casino a également mis en service 28 nouvelles machines, réparties dans l’établissement. L’extension et le renouvellement du parc répondent ainsi à deux enjeux complémentaires : améliorer le confort des joueurs et diversifier les jeux proposés.

Le renouvellement est régulier : le casino accueille entre 25 et 50 nouvelles machines par an. Des nouveautés comme les machines Kong : Skull Island, installées fin 2025, participent à cette rotation du parc.
Cette capacité à faire évoluer les équipements complète l’identité plus traditionnelle des salles de tables. Enghien fait coexister les codes historiques du casino avec des jeux et des interfaces qui évoluent rapidement.
Deux restaurants, un théâtre et le lac en décor
La visite peut se prolonger au-delà du jeu. Au Baccara, le registre est celui d’une brasserie contemporaine, avec un décor Art déco et une cuisine française portée par le chef Sébastien Chavigny. Son bar, installé au milieu des jeux de table, et sa terrasse ouverte sur le lac aux beaux jours inscrivent le restaurant dans la vie du casino.

Le Chérie Cherry propose une autre atmosphère, au cœur des machines à sous. Imaginé par l’architecte Michael Malapert, son décor associe touches rétro, miroirs et couleurs cerise. La carte mêle inspirations de pub et classiques français, avec une offre de snacking disponible jusqu’à 3 heures du matin.
Ces deux adresses répondent à des moments différents : dîner installé, pause pendant la soirée ou restauration plus tardive. Elles permettent surtout de concevoir la venue à Enghien comme une sortie complète.
Le théâtre à l’italienne prolonge cette vocation, avec plus de 50 dates annoncées chaque année. Humour, concerts, théâtre, magie et spectacles musicaux composent une programmation qui attire aussi un public venu sans projet de jouer. Organisé chaque année depuis 25 ans, le Barrière Enghien Jazz Festival renforce cette présence culturelle à l’échelle de la ville.
L’ensemble s’inscrit dans un environnement de séjour comprenant hôtel et bien-être. Bruno Chauvin évoque également un projet de rénovation et de montée en gamme de l’offre hôtelière, dans le prolongement de cette logique de destination.
Une entrée plus accessible et un accueil qui évolue
L’accueil fait lui aussi partie des chantiers du casino. Lors de notre entretien, Bruno Chauvin évoquait une réflexion sur le droit d’entrée, avec des opérations de gratuité liées à l’application Barrière Play et une évaluation de leurs effets sur la fréquentation.
Le dispositif est désormais présenté sur le site officiel : l’entrée est offerte sept jours sur sept aux détenteurs de l’application Barrière Play disposant d’un compte fidélité valide, jusqu’à notification contraire. Le tarif standard demeure affiché à 18 € hors offre.
Cette évolution facilite la décision de venir, notamment pour une première visite ou une sortie occasionnelle. Le directeur indique également avoir fait évoluer le système de contrôle pour réduire l’attente, avec l’installation de portails biométriques destinés à fluidifier les passages.
Pour un établissement de cette taille, la qualité de l’expérience se joue aussi dans ces étapes très concrètes : entrer, s’orienter, rejoindre une table et trouver un interlocuteur.
Préserver sa singularité dans un marché plus concurrentiel
Enghien poursuit ces évolutions dans un contexte francilien qui change. Les clubs parisiens élargissent leurs offres, investissent dans leurs espaces et développent leurs services. La perspective de l’arrivée des roulettes dans la capitale pourrait encore modifier les habitudes des joueurs.

« Ça dépendra aussi du nombre de roulettes autorisées dans les clubs », observe Bruno Chauvin. Le calendrier et les conditions d’exploitation restent donc des paramètres importants pour mesurer l’effet de cette évolution.
Le casino dispose toutefois d’une combinaison d’activités qui lui est propre : profondeur de l’offre de jeux, machines à sous, jeux électroniques, restauration, spectacles et cadre du lac. La concurrence renforce l’intérêt de faire connaître cet ensemble et de continuer à en améliorer chaque composante.
Un possible retour du BPT et le cap des 800 000 visiteurs
Le poker pourrait également retrouver un rendez-vous au calendrier. « Je pense refaire une étape du BPT », confie Bruno Chauvin. Le directeur évoque un possible retour du Barrière Poker Tour en 2027, avec des pistes en janvier ou février. Au moment de l’entretien, la date restait à arbitrer : le projet n’est pas encore une étape officiellement annoncée. Un tel événement permettrait de renouer avec les joueurs de tournoi et de leur faire découvrir les évolutions de l’établissement.
Enghien aborde ces perspectives avec une assise importante. Selon les chiffres communiqués par Barrière, le casino a enregistré 173,5 millions d’euros de produit brut des jeux et 748 000 visiteurs en 2025, conservant sa première place nationale en PBJ.
« On va se rapprocher des 800 000 entrées en 2026 », termine Bruno Chauvin.
Informations pratiques
Casino Barrière Enghien-les-Bains
3, avenue de Ceinture, 95880 Enghien-les-Bains.
- En train : ligne H depuis Paris-Gare du Nord, environ 15 minutes jusqu’à la gare d’Enghien-les-Bains, puis trajet à pied jusqu’au casino.
- En voiture : accès notamment par l’A86 et l’A15, selon le point de départ.
- Horaires du casino : de 10 h à 4 h du dimanche au jeudi ; de 10 h à 5 h les vendredis et samedis.
- Jeux de table : à partir de 15 h du lundi au vendredi et de 16 h le week-end.
- Jeux électroniques : à partir de 14 h en semaine et de 15 h le week-end.
- Entrée : tarif standard de 18 € ; gratuité annoncée sept jours sur sept pour les détenteurs de l’application Barrière Play avec un compte fidélité valide, jusqu’à notification contraire.
- Conditions d’accès : personnes majeures non interdites de jeu, sur présentation d’une pièce d’identité valide. Tenue appropriée demandée.
