C’est sans doute l’information la plus structurante pour les mois à venir : la roulette va faire son entrée dans les clubs de jeux parisiens. Dans une interview accordée au site Les Enjeux, Stéphane Piallat, chef du Service Central des Courses et Jeux, ne laisse guère de place au doute : « La question n’est pas de savoir si les roulettes seront autorisées, mais plutôt quand et dans quelles conditions». Une phrase clé, qui marque un tournant. Car derrière ce sujet réglementaire se cache en réalité une évolution profonde du modèle parisien.
Une évolution rendue possible par la stabilisation juridique
Si la roulette revient aujourd’hui sur la table, c’est d’abord parce que le cadre a enfin été clarifié. « Le jeu à Paris a désormais une existence légale pérenne », rappelle Piallat. Une stabilisation attendue, après neuf ans d’expérimentation, qui ouvre la voie à des investissements et à une montée en puissance de l’offre. « Les opérateurs peuvent investir. De nouveaux acteurs peuvent solliciter l’ouverture de nouveaux clubs », précise-t-il.
La roulette, un changement de dimension
L’introduction de la roulette n’est pas un simple ajustement. C’est un pivot stratégique. Sur le plan opérationnel, le défi est réel : « C’est un jeu différent, qui nécessite davantage de croupiers et une procédure d’ouverture des tables particulière ». Autrement dit, les clubs vont devoir adapter leurs structures, leurs équipes et leurs process. Mais l’enjeu est surtout commercial. La roulette est le jeu universel par excellence. Là où le poker ou certains jeux de contrepartie segmentent la clientèle, elle ouvre la porte à un public beaucoup plus large. Occasionnels, touristes, joueurs de passage : c’est toute la physionomie des salles qui peut évoluer.
Un impact direct sur le marché
Le régulateur en est conscient : « Une partie de la clientèle du casino le plus proche n’ira plus, c’est certain ». Mais il nuance immédiatement : « D’autres joueurs, qui n’y allaient pas, joueront à Paris ». Le véritable enjeu sera donc de mesurer la capacité des clubs à créer de la demande supplémentaire, et pas seulement à redistribuer les flux existants. « Il y aura un impact, et il faudra le mesurer », insiste Piallat.
Un modèle toujours encadré
Malgré cette ouverture, certaines lignes ne bougent pas. « Les machines à sous restent totalement hors du périmètre », tout comme « toute forme de jeu électronique ». Le modèle parisien conserve ainsi sa spécificité : une offre centrée sur le jeu de table avec croupiers, fortement encadrée et contrôlée.
Un marché validé par le régulateur
Au-delà de la roulette, l’interview confirme la solidité du modèle. « Le rapport conclut à un bilan positif de l’expérimentation », souligne Piallat, ajoutant que « le modèle a prouvé qu’il pouvait vivre économiquement ». Même les turbulences de 2025 sont relativisées : « L’année 2025 ne peut pas être une année de référence », en raison notamment des fermetures administratives et d’une « baisse de fréquentation globale de 25 % ».
Vers une nouvelle ère pour les clubs parisiens
Avec la roulette en ligne de mire, les clubs de jeux parisiens s’apprêtent à changer de dimension. Plus visibles, plus attractifs, potentiellement plus concurrentiels. Reste désormais à savoir à quel rythme et sous quelle forme cette évolution sera mise en œuvre. Mais une chose est déjà actée : Paris entre dans une nouvelle phase de son histoire du jeu.
