Clubs de jeux parisiens : le gouvernement maintient le flou et prolonge le statu quo

Après plusieurs semaines d’attente et de spéculations, le constat est désormais clair. Le projet de loi de finances pour 2026, sur lequel le gouvernement engage sa responsabilité en application de l’article 49-3 de la Constitution, ne contient aucune disposition relative aux clubs de jeux parisiens. Ni réforme, ni pérennisation, ni même signal politique : le dossier reste en l’état.

Aucune trace dans le volet recettes du PLF 2026

En épluchant le volet « recettes » du texte, là où toute évolution fiscale ou statutaire aurait nécessairement dû apparaître, Club Poker ne trouve aucune mention des clubs de jeux.

Pas de modification du régime expérimental, pas d’extension de calendrier, pas d’ajustement des prélèvements spécifiques : le sujet est tout simplement absent. Un silence qui vaut décision. Ou, à tout le moins, non-décision.

Un espoir né… puis rapidement douché

Début décembre, l’adoption d’un amendement lors des débats parlementaires avait pourtant ravivé l’espoir d’une pérennisation des clubs de jeux au-delà du 31 décembre 2027, date théorique de fin de l’expérimentation lancée en 2018.

Dans les rangs des opérateurs comme chez les salariés, l’idée d’une normalisation progressive du modèle avait commencé à faire son chemin.

Mais cet amendement n’a pas été repris par le gouvernement dans le texte final sur lequel il engage aujourd’hui sa responsabilité. Un choix lourd de sens : en recourant au 49-3, l’exécutif assume pleinement le contenu — et les absences — du projet.

Une expérimentation qui se prolonge… sans garantie

Dans les faits, les clubs de jeux parisiens continueront donc d’opérer sous le régime de l’expérimentation, sans horizon juridique clarifié.

Un cadre dérogatoire, fragile par nature, qui laisse les établissements dans une situation d’incertitude structurelle, malgré des années d’activité, des investissements lourds et une contribution économique désormais bien identifiée.

Ce statu quo pose plusieurs questions de fond :

– peut-on durablement maintenir une activité économique pérenne sous un régime expérimental ?

Comment attirer des investisseurs ou structurer une stratégie long terme sans visibilité réglementaire ?

Quelle place l’État souhaite-t-il réellement accorder aux clubs de jeux dans l’écosystème des jeux d’argent en France ?

Un silence politique révélateur

Ce choix de ne rien dire — ni dans le PLF, ni par voie d’amendement gouvernemental — peut être lu comme une volonté de repousser le débat à plus tard.

Le dossier des clubs de jeux reste sensible, à la croisée des enjeux de sécurité intérieure, de régulation des jeux d’argent et d’économie parisienne.

Mais à force de temporiser, le risque est celui de l’usure : pour les exploitants, pour les salariés, mais aussi pour une activité qui a démontré, depuis plusieurs années, sa capacité à fonctionner dans un cadre strictement encadré.

Et maintenant ?

À ce stade, rien ne change, et c’est bien là le problème.

Toute évolution passera désormais par :

un texte législatif spécifique, ou une initiative gouvernementale claire en dehors du cadre budgétaire.

En attendant, les clubs de jeux parisiens avancent à vue, suspendus à une échéance de 2027 qui approche lentement, mais sûrement.